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23 – La Forêt en Nivernais – Cueillette du Gui

23 – La Forêt en Nivernais – Cueillette du Gui

La vingt-troisième carte postale de la série La Forêt en Nivernais met en scène une femme en train de cueillir des branches de gui dans la forêt des Bertranges.

Le gui est une plante chlorophyllienne hémiparasite qui s'installe sur les arbres et arbustes des régions tempérées. Grâce à ces organes de fixation et de succion, le gui puise l'eau et les sels minéraux nécessaires à son développement dans la sève de l’arbre hôte, assurant sa propre assimilation en carbone par photosynthèse.

Pline l’Ancien évoquait il y a près de 2000 ans l’admiration que les Gaulois vouaient au gui et les vertus qu’ils attribuaient à cette plante (Histoire naturelle, XVI) : « Aux yeux des druides, rien n’est plus sacré que le gui et l’arbre qui le porte, si toutefois c’est un rouvre. Le rouvre est déjà par lui-même l’arbre dont ils font les bois sacrés […]. Tout gui venant sur le rouvre est regardé comme envoyé du ciel ; ils pensent que c’est un signe de l’élection que le dieu même a faite à l’arbre. […] Ils l’appellent d’un nom qui signifie remède universel. […] On croit que le gui pris en boisson donne la fécondité à tout animal stérile, et qu’il est un remède contre tous les poisons. » Durant l’Antiquité, le gui était utilisé contre les troubles liés à l'hypertension artérielle, contre l'épilepsie mais également comme antispasmodique et sédatif. Le gui est encore utilisé aujourd’hui en pharmacopée, notamment dans la lutte contre les maladies articulaires inflammatoires dégénératives. Les baies de gui sont en revanche toxiques.

Achille Millien évoque dans ses vers l’importance que le gui revêtait à la fin du 19e siècle dans les croyances populaires nivernaises : « Au long’ du bois, va, jeune fille, / Cueillir le gui porte-bonheur ! / Jadis, tranché par la famille, / Sur le lin pur, avec honneur / Il tombait, et la druidesse / L’offrait au peuple recueilli… / De même apporte-nous le gui / Comme un présage de liesse ! »