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Abécédaire des grandes chênaies de France – Compiègne, le terrain de chasse des rois

Abécédaire des grandes chênaies de France – Compiègne, le terrain de chasse des rois

Paru en octobre 2018, le livre Le Chêne en majesté, de la forêt au vin met en lumière le concept de terroir forestier : un sol et une exposition, une pluviométrie particulière, un ensoleillement spécifique, auxquels il faut ajouter un type d’essences, une densité de plantation et un âge moyen, qui vont influencer le grain et la qualité du bois. La valeur d’une haute futaie de chênes dépend donc de son terroir et de la manière dont elle a été « conduite », dirait un vigneron, ou « gérée », dit l’expert forestier.

Le livre, richement illustré de photographies, dresse notamment, à travers un abécédaire forestier offrant aux lecteurs de nombreux détails géographiques, mésoclimatiques, géologiques et historiques, la liste de vingt-six chênaies parmi les plus belles de France, à l’image de la forêt de Compiègne.

 

Troisième forêt domaniale de France, Compiègne forme un cercle de 14 kilomètres de circonférence au nord-est de Paris et couvre 14 300 hectares. Cette ancienne réserve de chasse doit sa renommée aux rois de France et son périmètre n’a guère changé depuis le Moyen Âge. Une continuité favorable aux grands chênes, qui ont besoin de temps pour s’adapter aux changements, politiques ou climatiques.

Le hêtre règne ici en maître et couvre 41 % de la forêt, qui bénéficie d’une pluviométrie de 650 millimètres par an sur un terrain essentiellement sableux et un sous-sol calcaire. La cohabitation avec les chênes pédonculés (20 %) et sessiles (7 %) est cependant harmonieuse, dans une configuration sylvicole classique de chênaie-hêtraie. Compiègne est une forêt de type plutôt continental, d’où la prédominance des pédonculés, qui ont davantage besoin d’eau. D’autres feuillus (23 %) et des résineux (9 %) complètent ce couvert forestier d’une grande richesse. On y a en effet répertorié 5 600 espèces végétales et 6 600 espèces animales, sans compter les ratons laveurs présents depuis 2010. L’altitude est modérée, de 30 à 140 mètres, comme dans la plupart des forêts de la région parisienne.

« Nous recevons trois millions de visiteurs par an environ, avec les châteaux de Compiègne, de Pierrefonds et la clairière de l’Armistice », remarque Michel Leblanc, le responsable territorial de l’ONF, « et le public a une forte attente de naturalité ». Les forestiers veillent donc non seulement à maintenir des îlots de vieux arbres, comme dans la réserve biologique des Grands Monts, mais ils s’efforcent maintenant de renouveler les vieilles hêtraies avec des chênes sessiles, une essence mieux adaptée au réchauffement climatique. Sachant qu’il faut un siècle et demi pour « faire » un chêne, c’est maintenant qu’il faut planter si l’on veut que l’arbre soit à maturité en 2170.

 

Retrouvez l’intégralité de l’abécédaire des grandes chênaies de France, et bien plus encore, dans Le chêne en majesté, de la forêt au vin de Sylvain Charlois et Thierry Dussard.